Gourme chez le cheval : signes, transmission et mesures de prévention

La gourme chez le cheval est une infection respiratoire causée par Streptococcus equi qui met l’écurie en état d’alerte : contagiosité élevée, ganglions enflés et écoulements abondants sont les signes qui doivent vous faire agir rapidement.

Reconnaître la gourme chez votre cheval

Le tableau clinique démarre souvent de façon discrète avant de s’aggraver. Après une période d’incubation généralement comprise entre trois et sept jours, on observe d’abord des signes généraux : perte d’appétit, abattement et fièvre pouvant atteindre environ 40°C. Les voies respiratoires supérieures sont touchées et donnent lieu à une toux, des difficultés à avaler et un jetage initialement séreux.

Signes précoces (phase séreuse)

Au stade initial, le jetage est clair et intermittent, les yeux peuvent paraître congestionnés et le cheval adopte parfois une position de la tête basse pour soulager la douleur de la gorge. Cette phase reste contagieuse et doit inciter à la surveillance.

Cheval présentant des signes respiratoires et une fièvre lors de la phase initiale de la gourme
Phase séreuse : les premiers signes respiratoires et la fièvre doivent alerter l’éleveur.

Évolution suppurative et rupture des ganglions

Lorsque la maladie progresse, les ganglions lymphatiques mandibulaires et rétropharyngés gonflent, deviennent chauds et douloureux. Leur suppuration entraîne des écoulements purulents, souvent épais et jaunâtres. La respiration peut devenir ronflante et, dans les formes sévères, l’obstruction des voies aériennes impose des interventions d’urgence.

La gourme touche tous les âges mais est plus fréquente chez les jeunes chevaux, généralement entre six mois et cinq ans.

Comment confirmer le diagnostic ?

Le diagnostic s’appuie sur l’examen clinique et sur des analyses complémentaires. Une mise en évidence de Streptococcus equi par culture bactériologique permet de confirmer la cause. Une analyse sanguine peut rechercher les anticorps dirigés contre la bactérie pour préciser l’état immunitaire du cheval.

Un point important à garder en tête est l’existence de chevaux porteurs sains : ils n’ont pas forcément de signes et peuvent pourtant héberger la bactérie. Pour ces animaux, le dépistage et la culture sont utiles pour éviter une dissémination silencieuse dans l’écurie.

Gérer un cas dans l’écurie : isolation et gestes pratiques

Face à un cheval suspect, l’objectif immédiat est de limiter la contagion. Isolement, protection du personnel et nettoyage rigoureux du matériel sont des mesures prioritaires. Les paddocks et pâtures récemment occupés par un cheval infecté sont souvent laissés inoccupés plusieurs semaines avant d’être réutilisés.

Matériel et équipements d'écurie en cours de désinfection pour prévenir la contagion
La désinfection rigoureuse du matériel est une étape clé du contrôle de la contagion.

Il est fréquent dans les pratiques d’écurie de mettre en place une surveillance rapprochée des chevaux ayant été en contact et de contrôler la température corporelle quotidiennement pendant la période d’incubation et dans les semaines qui suivent.

  • Isoler le cheval malade et limiter les allées et venues autour de son box.
  • Contacter le vétérinaire pour confirmer le diagnostic et établir un protocole.
  • Ne pas partager matériel, couvertures, seaux ou râteliers entre chevaux suspects et sains.
  • Surveiller la température et l’état général des animaux contacts.
  • Désinfecter équipements, boxes et tenues susceptibles d’avoir été contaminés.
  • Dépister les contacts et tenir un registre des lieux et personnes en contact avec l’animal malade.

Traitements : que peut-on attendre et quand intervenir ?

La plupart des cas classiques évoluent vers la guérison après la rupture et la cicatrisation des abcès. Le repos et l’isolement sont alors des piliers de la prise en charge. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont souvent utilisés pour contrôler la fièvre et soulager la douleur.

Si les abcès ne s’ouvrent pas spontanément, un drainage réalisé par le vétérinaire peut être nécessaire. Les antibiotiques ne sont pas systématiquement prescrits mais sont indiqués en cas de complications, d’atteinte métastatique ou si le cheval présente un tableau général sévère et une fièvre persistante.

Dans les situations extrêmes où les voies respiratoires sont compromises, une intervention urgente comme une trachéotomie peut être requise pour assurer la respiration.

Quelles complications redouter ?

Les complications restent rares mais peuvent être sérieuses. Chez une part des chevaux, la bactérie se dissémine via le sang ou le système lymphatique et entraîne des abcès à distance — une présentation parfois appelée forme « métastatique ». Des troubles à médiation immunitaire, comme un purpura hémorragique, ont également été rapportés et correspondent à une réaction excessive du système immunitaire. Ces situations nécessitent une prise en charge vétérinaire spécialisée.

Gardez à l’esprit que le risque de complication existe et justifie une surveillance attentive des animaux atteints.

Que penser du vaccin contre la gourme ?

Un vaccin est commercialisé en Europe mais son usage suscite des débats. Parmi les éléments à considérer : la durée d’immunité est courte — l’efficacité se maintiendrait autour de trois mois — ce qui conduit à réserver la vaccination à des situations particulières comme des rassemblements de chevaux. La réponse immunitaire post-vaccination apparaît en moyenne entre sept et dix jours.

Des effets indésirables ont été observés après vaccination, tels que fièvre, écoulement oculaire mucopurulent et, dans certains cas rapportés, une transformation vers une forme métastatique. Le vaccin réduit généralement la sévérité des signes plutôt que d’empêcher totalement l’infection. Par ailleurs, la plupart des chevaux ayant été infectés développent ensuite une immunité naturelle qui peut durer plusieurs années.

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